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Faux départ

6 Sep 2016

Samedi nous repartons avec entrain de Korla. Notre hôtel de luxe a fait exploser notre budget, mais nous nous sommes régalés de l’immense buffet de légumes du petit déjeuner.  L’opérateur internet a finalement trouvé une solution simple pour retrouver une connexion sur le téléphone : payer pour rallonger le forfait … si seulement il y avait pensé la veille ! Nous avons pu communiquer textes et photos à Maylis qui a assuré la mise à jour du blog, laver nos vêtements, et même trouver un petit supermarché dont la visite nous a fait découvrir des rayons et produits que nous avons du mal à distinguer dans les petites échoppes.

Bref, tout roule, nous allons bon train vers le sud pour traverser le désert de Taklamakan, route la plus directe et axe principal.

A 35 km, un contrôle policier, nous en avons l’habitude. Contrôle de toutes les pièces d’identité des Chinois, lues par des bornes numériques, présentation de nos passeports pour notre part. Habituellement nous passons très vite après quelques échanges rapides avec les policiers et la présentation de notre compteur et ses 12000 km qui nous procurent maintenant un grand respect !

 

Ces policiers nous ont demandé de nous prendre en photo, alors nous avons fait de même !

 

Aujourd’hui, c’est plus compliqué. Le chef bougonne et demande un permis. Nous ne comprenons pas et présentons notre visa. Des plantons semblent plaider notre cause, mais au bout d’une bonne heure dont nous vous ferons grâce, la situation est bloquée. Nous ne passerons pas. Nous devons retourner à Korla dans une administration de la police demander ledit permis. Nous obtenons quand même avec grande difficulté qu’ils nous écrivent l’adresse sur un papier ainsi que le nom du permis demandé.

Hors de question de retourner dans notre hôtel (pourtant il était si bon le buffet !). Nous plantons la tente à côté d’un champ de moustiques et accessoirement de coton.

Trouver l’administration voulue n’a finalement pas été si difficile avec notre viatique. Faire ouvrir la porte un dimanche matin s’est plutôt bien passé. Plaider notre cause a été un jeu d’enfant car miraculeusement il semblerait que les policiers aient une éducation bien supérieure à toutes les autres personnes rencontrées. Notre interlocuteur parlait anglais, russe, japonais … nous avons choisi l’anglais. Obtenir le papier a par contre été impossible. Le grand chef qu’il a appelé au téléphone a été formel : NON.

Ainsi une petite zone au sud de Korla est formellement interdite aux étrangers. Il en est de même apparemment d’un col plus au nord, selon les dires de notre policier, mais aucune signalisation ni information disponible. Pourquoi ? Zone pétrolière ? Tensions ethniques particulières ? Les deux raisons conjuguées ou une toute autre ?

La région nord ouest du Xinjiang a connu des troubles inter ethniques graves encore très récemment. L’information filtre plus ou moins des autorités chinoises qui masquent plus ou moins les faits. Partout nous voyons de grandes affiches vantant la mixité ethnique, mettant en valeur les yourtes, les chameaux, les yacks, autant de signes d’identité ouïghoure. Nous sommes également frappés par la présence de l’armée et de la police partout, armes à la main, groupés par 3 en triangle dans les anciens quartiers, par les portiques de sécurité généralisés et fouilles à l’entrée de tous les magasins, des blocs d’immeubles, des marchés.  Les stations service sont toutes fermées par de lourds portails contrôlés par des vigiles et surmontés de barbelés. Les voitures rentrent après contrôle. Les 2 roues ne peuvent rentrer et vont acheter leur carburant dans un jerrican qu’ils versent dans leur réservoir à l’extérieur. Que craignent les autorités pour mettre en place de telles mesures de sécurité ?

 

Station service barricadée

 

Les 2 et 3 roues attendent et remplissent leur réservoir à l’extérieur de la station service

 

Nous sommes par ailleurs partout témoins du rouleau compresseur chinois. Aucune petite ou plus grande ville n’échappe aux énormes programmes de construction de barres d’immeubles et commerces et à la destruction totale des anciens quartiers. Nul doute que le niveau de confort évolue en conséquence, mais on peut imaginer le sentiment des populations locales (ouïghours ici) dites « populations minoritaires » qui effectivement voient débarquer des centaines de milliers de Han, ethnie majoritaire en Chine. Qui voient aussi leurs maisons, leurs cours, leurs treilles, leurs basse-cours rasées et se retrouvent dans des immeubles ? Nous n’en savons pas beaucoup plus et la censure d’internet nous bloque évidemment, mais on peut facilement comprendre que le terreau de tensions ethniques est bien présent.

 

Le linge ne sèchera plus longtemps devant cette maison ! (Turpan)

 

Juste en face, les constructions avancent

 

Gros programme dans la très petite ville de Toksum

 

Nos gentils policiers sont désolés pour nous, nous suggèrent plusieurs itinéraires, passer par Kashgar (+2000 km), par Urumqi (+800 km et un col à 4200 m !)… et nous trouvons finalement ensemble notre solution : nous allons prendre un bus pour aller au plus près de Turpan, plus à l’est où nous devrions pouvoir continuer à vélo. Ils rédigent notre Sésame qui est un nouveau papier expliquant le trajet de bus que nous souhaitons faire. A la gare routière, merci encore aux vigiles et autres policiers qui nous prennent en charge et nous guident avec efficacité.

 

Nous voilà dans un bus chinois pour 300 km sur l’autoroute Au palmarès des films de bus, la compétition est redoutable entre les français, les roumains, les iraniens et les chinois ! Difficile de dire ceux qu’on préfère, chacun excellant dans son genre ! La caractéristique du film de bus chinois est que tout le monde crie et pleure, et surtout que le son est tel que la personne sourde du dernier rang entend quand même, et que les personnes des premiers rangs (notre cas) deviendront rapidement sourdes. Donc tout va pour le mieux !

Nous descendons dépités de 1700m à -35m en bus, élévation durement gagnée à la force de nos mollets … quelle insulte ! Nous arrivons en effet dans la très grande dépression de Turpan, zone la plus chaude de Chine mais tout à fait supportable en ce début septembre en comparaison de ce que nous avons connu au Turkmenistan et en Ouzbekistan.

Nous trouvons à planter notre tente dans un champ de moustiques, et accessoirement proche d’un élevage d’oies.

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