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Derniers tours de roue sur le plateau tibétain

2 Nov 2016

Nous repartons de Litang en petite forme. Notre remontée rapide à 4000 mètres, nos nuits un peu courtes avec nos amis de Chengdu et les 4 journées de bus de la semaine nous valent un redémarrage un peu laborieux. En deux jours nous reprenons le rythme, nos longues nuits de 12 heures sous la tente et nous reconstituons notre stock de globules.

Il nous faut bien ça car la route plein sud que nous prenons nous réserve quelques dizaines de milliers de mètres de dénivelés… Sur cette partie à l’extrême sud-est du plateau tibétain, les grands fleuves Yang Tsé, Mékong, Solenn et leurs affluents orientés nord sud creusent de profondes vallées et la route navigue d’une vallée à l’autre en remontant comme avant autour de 4700 mètres mais en descendant à 2600 mètres. La nuit, la température descend jusqu’à -10° mais nous sommes bien au chaud dans notre duvet sous notre petite maison de toile. Un des plus haut col, pas très franc du collier avec des montées et descentes imprévues  n’est pas asphalté et nous vaut quelques bonnes suées et bains de poussière au passage des véhicules. Tout en haut, les mélèzes mordorés de l’automne colonisent seuls les pentes nord, plus bas règne une forêt très diversifiée de bouleaux, sureaux, rhododendrons et de nombreux autres arbres qui nous sont inconnus mais dont les couleurs nous émerveillent. Plus bas encore de sombres forêts de pins s’étendent sur toutes les pentes et au fond des vallées nos premiers bambous. La météo n’est pas toujours au beau fixe mais offre de belles ambiances.

 

Dans les cols pierreux et poussiéreux sous les belles couleurs d’automne

 

Les mélèzes mordorés colonisent les pentes nord jusqu’à plus de 4000 mètres

 

La météo capricieuse nous réserve quelques belles ambiances dans les montées de col

 

Dans les vallées profondes, l’activité agricole est intense avec de magnifiques cultures en terrasse de maïs, d’orge et de légumes sous serre, de vignes, de noyers, de pommiers. Sur de hauts séchoirs s’entasse la paille disposée après le battage. Les villages tibétains gardent les mêmes bases d’architecture des plateaux avec de massifs murs en pisé au nord, à l’ouest et au sud et de belles façades en bois avec quelques adaptations. Les façades colorées du plateau s’effacent au profit d’encadrements de portes et fenêtres finement sculptés. Les maisons en terrasse font place dans les vallées plus humides à des toits de tôle ou de lattes de châtaigniers. Dans d’autres vallées plus humides encore, les habitants construisent de grandes verrières qui protègent sans doute des grands froids de l’hiver, permettent de faire sécher les céréales mais cachent la belle ordonnance des façades.

 

 

 

Villages tibétains des vallées avec les cultures en terrasse

 

Le maïs sèche sur les toits

 

Nous croisons souvent des petites familles de sangliers domestiques ou de cochons sauvages comme dirait Obélix, qui partagent les rues et les routes avec poules, chèvres, vaches et yaks sans surveillance. Leurs cousins des villes, de gros cochons tout roses ne se déplacent qu'en camions. Cela ne fait pas longtemps que le porc se retrouve dans nos assiettes après une longue traversée de zones musulmanes

 

Même ici dans les petites villes, la fièvre de construction chinoise est à l’œuvre avec son rouleau compresseur de hideux grands ensembles d’immeubles en béton. Il ne reste de tibétain qu’une frise en haut des façades et des encadrements de fenêtres ocre rouge, constructions mal isolées avec du simple vitrage, des huisseries non jointives qui préparent une catastrophe énergétique pour les années qui viennent dans un pays qui a pourtant cruellement besoin d’énergie pour aujourd’hui et surtout pour demain. A Shangrila où nous nous trouvons, le vieux quartier tibétain a brûlé il y a deux ans et a été reconstruit intégralement pour les besoins du tourisme de masse avec des boutiques de souvenirs et des restaurants, style Val d’Isère. La « nouvelle vielle » ville sent le faux vrai à plein nez. Nous lui préférons la « vieille nouvelle » ville pas très belle mais tellement vivante avec son grand marché. La diversité des produits y est extraordinaire, à l’image de la variété de la cuisine chinoise, fruits, légumes, champignons de toutes sortes, racines, épices, viandes et abats, poissons, fruits de mer, algues... La cuisine de rue est ici une institution et c’est un plaisir d’y arriver affamé

 

Les yaks terminent leur carrière au marché de Shangrilla

 

Nous quittons à regret le plateau tibétain qui a été pour nous un des moments les plus forts du voyage pour descendre vers les vallées plus humides et chaudes du Yunnan et de son éternel printemps dit-on.

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