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De Yushu à Litang, incroyable architecture  et sourires tibetains

16 Oct 2016

De Yushu à Litang, nous repassons une série de cols à plus de 4700 mètres d’altitude et revenons progressivement à 3700 puis 2700 mètres. Au fur et à mesure que nous descendons, la végétation, les yaks et la population se font plus denses. Nous gagnons en température et en oxygène. Nous revoyons enfin des arbres, sur l’ubac, de sombres forêts de cèdres éclairées des taches mordorées des feuillus dans le soleil, sur l’adret, une végétation plus basse d’églantiers, d’aulnes et de sureaux. En dessous de 3500 mètres, les yaks font place aux vaches, de toutes petites vaches moins grosses que des veaux de tarines. La plupart des maisons ont quelques arpents de terre pour cultiver l’orge qui sert à la tsampa du matin, un mélange roboratif d’orge grillé, de thé et de beurre rance.

 

 

 

 

Drapeaux et papiers de prières flottent au sommet d’un col

 

 

Garzé, la ville importante du secteur dominée par son monastère, est toujours à dominante tibétaine mais les nouvelles constructions à 10 étages fleurissent ici comme ailleurs et contrastent avec la beauté des habitations traditionnelles. Le travail du bois prend une place importante dans l’activité de la ville et les rues d’artisans embaument de l’odeur du cèdre. Après Garzé, nous nous enfonçons dans de profondes gorges. Les maisons basses des hauts plateaux font place à de magnifiques bâtisses de 2 à 4 étages construites en bois et en pisé. Côté nord et est, de hauts et larges murs trapézoïdaux construits en pisé banché, le plus souvent aveugles, protègent la maison des vents glaciaux de l’hiver. Nous assistons à plusieurs chantiers de construction qui mobilisent une bonne douzaine de personnes. Le pisé composé de terre et de paille est fortement tassé, par couches successives d’environ 50 cm. La qualité du tassage assurera la bonne tenue du mur face aux intempéries fréquentes dans cette région. Côté sud et ouest, les murs montés en rondins de résineux s’ouvrent sur une terrasse bien protégée du vent. Les encadrements de portes et fenêtres en cèdre sont finement ciselés et peints de couleurs vives. Tout en haut une grande terrasse permet de faire sécher du fourrage, de l’orge ou des légumineuses. Le bois est également utilisé pour construire étages, cloisons et plafonds. L’intérieur est également très coloré. C’est magnifique et en même temps d’une variété de détails étonnante.

 

Les bouses de yak qui sèchent participent à la décoration ! Elles serviront de combustible.

 

Derrière ce yak bien décoré, des maisons en pisé rayées de blanc, un style propre à une vallée.

 

 

 

Selon les endroits, pisé ou pierres servent de matériaux à ces maisons pouvant aller jusqu’à 5 étages ! La surface au sol est surprenante. Toilettes sèches à l’étage, qui alimentent directement un compost au rez de chaussée.

 

A l’intérieur d’une maison

 

Construction d’un mur en pisé banché. Hommes et femmes participent.

 

 

Les résineux permettent le travail du bois, l’affaire des hommes comme des femmes. Les encadrements de portes et fenêtres sont sculptés à la main avant d’être peints.

 

 

Incroyables fenêtres

 

 

Les villages sont plus fréquents, les monastères aussi. Comme nous le mentionnions précédemment, la place du bouddhisme dans la vie des Tibétains est étonnante. Presque chaque ville ou village comprend un monastère. A Dzogchen, le monastère situé dans une vallée haute au dessus de la ville s’étend sur plusieurs kilomètres. Nous nous y rendons alors que se tient un congrès international de moines. Des tentes y sont installées pour héberger, nourrir et vêtir tout ce monde. Car les moines sont attachés à leur allure et nous les voyons courir les boutiques spécialisées, souvent nombreuses en ville, pour se vêtir des plus beaux atours dans des camaïeux allant du jaune au rouge foncé. A Garzé se tient également des conférences au monastère. Nous sommes gentiment invités à rejoindre les moines et partager leur repas pris dans le silence en écoutant des aînés psalmodier des mantras. Plus loin encore, après Yonglaxi, nous posons nos tentes à côté d’un petit monastère tenu par des nonnes. Curieuses, elles viennent nous tenir compagnie, nous offrent du thé au lait de yak, des petits pains et des chaussons fourrés aux légumes et s’intéressent en riant à notre quotidien, la tente, le réchaud, la cuisine. Des graveurs de mani, pierres de prières disposées le long des rivières, entassées en cairns ou en murs en haut des cols, sont hébergés au monastère et se joignent à elles pour nous saluer. Le long de la route, des roues à aube installées sur les torrents font tourner de nombreux moulins à prières. Nous croisons également des pèlerins partis à pied pour Lhassa à 1400 km. Ils progressent en se prosternant genoux à terre avancent les mains protégées d’une planchette, se relèvent, avancent de trois pas et répètent leurs prosternations 12 heures par jour. Il leur faudra sans doute des mois pour parvenir à leur but.

 

Des moines, toujours avec le sourire

 

Méli mélo de vêtements pour moines et nones

 

 

Beauté des temples et monastères

 

Ces femmes montent au monastère avec leur moulin à prières.

 

On s’active dans les cuisines pour préparer à manger pour plusieurs centaines de moines en congrès…. et 5 voyageurs à vélo français invités au dernier moment.

 

Mur de manis, pierres sculptées de mantras tibetains. Incroyable quantité de manis empilés ou e façades.

 

La force des torrents ne produit pas de l’électricité mais sert à diffuser des prières.

 

Perché sur sa butte, ce sadou (si ce terme n’est pas réservé à l’Inde) s’adonne à la prière.

 

L’intérieur d’une épicerie bien approvisionnée. Merchandising restreint !

 

Des gamins bien délurés tous contents de trouver un public

 

 

Les chapeaux et coiffures varient, toujours avec beaucoup de style et de couleur.

 

Cette femme nous rend visite avant de partir ramasser les bouses de yak. Nous avons passé la nuit sur son terrain.

 

Superbe terrain de camping à côté du monastère pour nonnes ! La soirée est ponctuée par un défilé de nonnes joyeuses qui nous apportent à manger mais se font prier pour accepter une crêpe au sucre.

 

 

La météo de ces derniers jours n’a pas été très favorable. Si les températures remontent sensiblement à mesure que nous descendons, chaque jour nous avons droit à une ou plusieurs averses et plusieurs soirs, à de très violents orages. Cela nous a valu de passer une soirée et une nuit dans une école, invités par un des maîtres. Il vit là avec sa femme enseignante également en semaine et ils rentrent retrouver leur enfant le week-end. Nous sommes étonnés d’aussi bonnes conditions d’enseignement dans ce petit village, 15 à 20 élèves par classe, internat pour ceux qui habitent loin, écran vidéo-tactile dans toutes les classes, la Chine investit dans l’éducation ! La pluie ne nous empêche pas les après-midi de bon soleil de rouler tranquillement en tee-shirt. Nous avons partagé avec bonheur ces dix derniers jours avec d’autres cyclistes français, Johan, Jérémy, Nicolas et Elise, partagé également des soirées au coin du feu, des parties de crêpes. Le développement du voyage à vélo parmi les Français fait plaisir à voir.

 

Tableau tactile dans la salle de classe !

 

Juste avant un énorme orage de grêle qui précipitera la soirée.

 

Nous profitons d’un rare bivouac sans risque d’orage pour fêter dignement les 29 ans de Jérémi.

 

 

Nous allons laisser les vélos quelques jours à Litang pour descendre à Leshan et Chengdu faire prolonger notre visa chinois d’un mois. Une petite escapade dont nous nous serions bien passés si le préposé aux visas de l’ambassade de Chine à Téhéran avait bien voulu nous accorder les 3 mois comme aux autres voyageurs… Une occasion toutefois de voir enfin une grande ville chinoise de 14 millions d’habitants, plus grande encore que l’ensemble de l’agglomération parisienne.

 

Encore une fois nous avons « noyé » le blog de photos, mais le Tibet est tellement photogénique que nous avons bien du mal à nous limiter.

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