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Transsibérien, le train-train du retour

17 Feb 2017

 

Comment ne pas rêver de ce train mythique de Vladivostok à Moscou. 9300 km, 7 jours de voyage, 9 fuseaux horaires à traverser sur les 11 que compte le pays ?

 

Un interminable traveling sur les paysages de l’immense taïga sibérienne enneigée.

Une façon pour nous de renter en douceur à la maison…

 

Nous prenons le train un soir de Vladivostok. Le transsibérien compte 3 classes. Nous prenons la « platskart », la 3è classe, moins chère mais surtout plus chaleureuse. Dans un wagon non compartimenté, un peu plus de cinquante personnes vivent et dorment là comme une petite communauté de destin pendant ces quelques jours. Deux étages de deux lits d’un côté et deux autres à gauche du couloir dans le sens de la marche. A un bout du wagon, les toilettes, à l’autre le samovar qui garde de l’eau au chaud pour le thé, le café ou le repas. Les trains sont d’un niveau de confort variables mais en tous cas nettement meilleurs que nos trains de nuit hexagonaux pour bidasses. Malgré un temps glacial à l’extérieur, le train est surchauffé. Entre 24 et 27°, ça sent les pieds et la transpiration en moins de temps qu’il n’en faut pour arriver à destination… La buée givre de suite sur les vitres glacées ; pratique comme réfrigérateur pour conserver le beurre du petit déjeuner. La nuit, nous sommes réveillés aux arrêts par de sourds coups de masse. Les cheminots dévissent juste le bouchon de la citerne d’eau et brisent la glace.

 

Peu de passagers font le trajet de bout en bout. Ca monte, ça descend de jour comme de nuit. Les visages défilent, des jeunes partis faire une compétition régionale -En Sibérie, des milliers de kilomètres vous séparent du club voisin- des étudiants qui rentrent chez eux deux fois par an, des travailleurs, des personnes âgées venues voir leurs enfants ou petits enfants et quelques jeunes Coréens venus comme nous en touristes. Nous nous réveillons le matin avec des voisins différents de la veille au soir. Tout se fait sous l’œil sévère et vigilant de la « provodnitsa »,  la chef de wagon, le plus souvent de larges matrones qui font filer droit tout ce petit monde. L’ambiance n’est plus tout à fait la même paraît-il depuis que l’alcool a été interdit à bord du train. Interdiction visiblement respectée, pas un verre de vodka à l’horizon et les heures s’écoulent assez calmement. Comme ont disparu également tout ce petit peuple de vendeurs de quai. Nous prenons nos précautions et embarquons avec des sacs entiers de fruits, de légumes, de pains et de victuailles.

 

Le train longe d’abord la frontière chinoise. Au petit matin, nous traversons le fleuve Amour dont les 2km de large ne sont pas encore totalement gelés et contournons la Mandchourie. Nous remontons d’étroites vallées, le climat se fait plus continental. Au dehors, le thermomètre descend à -30° mais l’enneigement est étonnamment faible. La voie fait défiler sans fin des forêts de bouleaux blancs et dorés dans la lumière du soir. Nous apercevons ici ou là de rares isbas aux couleurs vives. Un matin, au travers des arbres nous apercevons puis longeons l’immense lac Baïkal complètement pris dans les glaces, 600 km du nord au sud et 100 km d’est en ouest, 2000 m de profondeur, la plus grande réserve d’eau douce de la planète.

 

Il fait très froid dehors, mais peu de neige

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Des milliers de kilomètres de forêts de bouleaux agrémentés parfois de résineux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Villages et petites villes -pas toujours très engageantes !

 Soudain le lac Baïkal entièrement gelé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Notre voisine pour 3 jours, une mamie bien décidée de 78 ans qui nous offre saumon fumé maison, charcuterie et gousses d'ail. Inutile de refuser !

 24 heures dans le train et plus de 1000 km pour participer à une compétition régionale d'athlétisme en Sibérie !

Le roi du train : le samovar, indispensable à notre vie quotidienne. 

 Mieux vaut obéir à la Provonitsa ! Pendant tout le trajet elle assure le bon fonctionnement et la propreté des lieux.

 

 

Nous faisons un stop à Irkoutsk. Une bonne coupure qui permet enfin de marcher, de prendre l’air, une bonne douche et de profiter du lac Baïkal. Les vieilles maisons tout en bois d’Irkoutsk avec leurs fenêtres et leurs portes ouvragées tiennent encore debout malgré les années et les divers incendies. Le spectacle du lac totalement gelé, de la glace vive fracturée, des bulles de neige emprisonnées est splendide. Les uns patinent, d’autres pêchent, font de la sculpture sur glace ou roulent à toute allure. La température est glaciale même avec nos bottes de chasseurs.

 

 Quelques belles maisons en bois à Irkoutsk

Vieilles maisons reconstituées dans un "musée en  plein air"

 

 Sur le lac Baïkal ! La glace épaisse de plusieurs dizaines de centimètres ne risque pas de rompre. Des camions roulent "au large". La dilatation de la glace occasionne par endroits de grosses fractures et cicatrices.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marché de bord de lac. La spécialité n'est pas le poisson surgelé, mais fumé qui se consomme sur place. 

 

Nous reprenons un autre transsibérien pour rejoindre Moscou le long de la ligne historique inaugurée en 1898. Le train est plus rustique, mais organisé comme le précédent. Les heures s’écoulent doucement avec des journées de 25 heures dans notre sens, sans jamais vraiment savoir à quelle heure se fier. Celle de Vladivostok, de Moscou, l’heure locale ? Chacun s’adapte et trouve son rythme à sa façon. Il n’y a plus vraiment d’heure pour manger, encore un petit peu pour dormir. Nous arrivons au petit matin à Moscou où la température est curieusement clémente. Trois petites journées pour visiter les merveilles de la capitale et dérouiller nos corps engourdis et encore pris du roulis du transsibérien. A temps avant de faire une overdose de Tolstoï, Dostoievski et  du tri de nos photos !

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